Raid sur Dieppe (19 août 1942)    
 
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Le contexte


1942, "l'année terrible", voit l'Allemagne triompher sur tous les fronts. Le Royaume-Uni vient de perdre Tobrouk, aux portes de l'Égypte, et le canal de Suez, artère vitale pour son économie de guerre, est directement menacé. L'Union soviétique, au prix de pertes énormes en hommes et en matériel, contient difficilement la progression de l'armée allemande vers le Caucase, aux frontières de l'Iran et de la Turquie.

Depuis plusieurs mois, Staline insiste de plus en plus fermement auprès des gouvernements américain et britannique sur l'urgence d'ouvrir un second front à l'ouest de l'Europe afin d'obliger l'Allemagne à redistribuer ses forces et à diminuer ainsi la pression qu'elles font subir à l'Armée Rouge. Le Président Roosevelt et l'État-major américain laissent entendre à Molotov, ambassadeur de Staline à Washington, qu'un débarquement pourrait avoir lieu sur les côtes françaises au cours de l'année 1942.

Churchill est  réticent car sa vision politique du conflit le pousse plutôt à considérer qu'un débarquement en Afrique du Nord, et ensuite dans les Balkans "ventre mou de l'Europe", conviendrait mieux aux intérêts britanniques. Néanmoins, et afin de donner des gages de bonne volonté aux Russes,  il accepte qu'une opération de portée limitée soit lancée sur les côtes françaises.

Le Raid



Le 19 août 1942, à 4 h 45, l'opération « Jubilee » est lancée.
Les forces terrestres qui participent à cette opération se composent de la 2e Division d’infanterie canadienne, des 3ème et 4ème Commandos britanniques, de 50 rangers du 1st US Rangers et de 15 commandos de la « France Libre ». Les forces navales et aériennes composées de 237 navires et péniches de débarquement, dont 6 destroyers, et de près de 1000 appareils sont majoritairement britanniques. Mais comptent aussi dans leurs rangs des polonais, des tchèques, des australiens, des néo-zélandais, des belges, des norvégiens …

Ces unités terrestres vont débarquer sur un front de 20 km en quatre points de la côte de part et d'autre du port de Dieppe où sera porté l'effort principal. Depuis Berneval et Puys, à l'est, jusqu'à Pourville et Quiberville, à l'ouest... une côte inhospitalière, bordée par des plages de galets que surplombent les parois verticales des falaises que l'État-major allemand a truffées de défenses de toutes sortes : batteries de canons à longue portée, mortiers, nids de mitrailleuses, bunkers bétonnés, emplacements de tir individuels. Des réseaux de fil de fer barbelé hauts de plusieurs mètres encerclent la ville et obstruent les rares ravines qui permettent d'accéder au sommet des falaises où l'ennemi s'est retranché. C'est à l'assaut d'une véritable forteresse que ± 6000 hommes vont se lancer. 1 200 d'entre eux y trouveront la mort et 3 000 y seront blessés ou faits prisonniers.



Après le raid

Les leçons tirées du Raid sur Dieppe contribuèrent à la réussite du débarquement du 6 juin 1944. Est-ce vrai pour autant ?

Y voir les causes de la réussite du débarquement en Normandie serai erronée, le croire serait oublier les débarquements d’Afrique du Nord, de Sicile, de Salerne et d’Anzio, sans parler de ceux du Pacifique. Il n’y a qu’un domaine où l’expérience de Dieppe a sans doute joué, cet l’emploi des chars lors d’un débarquement. Les équipages des tanks « Churchill » ont fait ce qu’ils ont pu, mais force est de constater que leur intervention n’a servi à rien. Cet échec permettra néanmoins de conclure de la nécessité d’avoirs recours à bombardement préalable massif, à de nombreuses unités aéroportées ainsi qu’à des engins blindés spéciaux (origine de la 79th Armoured Division et de ses « funnies »).

 

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