Le maréchal de l’Empire Davout et ses soldats au camp de Bruges

Du 28 août 1803, date de sa formation officielle, au 28 août 1805, date à laquelle les têtes de colonne de la division Bisson quittent Ambleteuse pour Cassel, première étape sur la route d'Austerlitz, le camp de Bruges aura duré exactement deux ans. Au cours de ces deux années, la volonté du Premier consul s'appuyant sur quelques généraux de confiance portera l'outil militaire légué par la Révolution à un degré d'efficacité inconnu jusqu'alors dans aucune armée européenne. Dans les sept camps de l'Atlantique, comme en des creusets, vont se fondre l'enthousiasme révolutionnaire et la compétence professionnelle pour donner le métal de la Grande Armée.


Le camp de Bruges a été pour le colonel-général des grenadiers à pied de la Garde impériale Louis-Nicolas Davout l'occasion de mettre en pratique les préceptes avancés par Guibert et dont Bonaparte et lui-même se sont si souvent entretenus.


Du côté d’Ostende…

 

Bien qu'il en porte le nom, le camp de Bruges n'est pas à Bruges. La ville aux septante-deux  ponts n’abritent dans sa quiète somnolence que l'hôpital militaire. C'est à Ostende, au centre de son dispositif, que Davout réside.


Trois divisions d'infanterie sont, à la formation du camp de Bruges, respectivement commandées par Oudinot, Friant et Durutte. Les baraques construites par la troupe sur un modèle unique – planches ou briques recouvertes de joncs – avaient été élevées en arrière de la ligne des dunes. Les officiers, à l'exception des officiers généraux, étaient logés à la même enseigne que les simples soldats.
Bonaparte avait d'abord décidé, dans un élan égalitaire, que les grosses épaulettes coucheraient également dans les dunes. Mais par mesure d'économie – ils auraient eu droit à des baraques plus spacieuses et plus confortables –, il les avait finalement autorisés à coucher chez l'habitant.

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