La Belgique était autrefois décrite comme le « poignard tenu à la gorge de l'Angleterre ». En 1914, l’occupation de la Belgique par l’Allemagne a fait renaître ce spectre.

Le Grossadmiral Alfred von Tirpitz (1849-1930) est l'un des rares membres de la marine impériale allemande à reconnaître le potentiel stratégique des ports de Bruges, d'Ostende et de Zeebrugge. L’inflexion de la côte belge où débouche le delta de trois grands fleuves, Rhin, Meuse et Escaut, amène-la Kaiserliche Marine à quelques heures de navigation de l'estuaire de la Tamise. Elle peut ainsi porter ses coups à l’encontre du trafic maritime dans la Manche et le sud de la mer du Nord.

Sur ordre de l’amiral, le Marinekorps Flandern est créé avec les réservistes qui ne pouvaient pas être utilisés à bord des navires de la Kaiserliche Marine. Avec la stabilisation du front, la mission confiée au Marinekorps Flandern sera de veiller à assurer l’inviolabilité du littoral belge. Des batteries d’artillerie côtière sont érigées depuis Nieuport jusqu’à l’embouchure de l’Escaut. Installées dans les dunes en vue de parer à toute invasion par la mer et elles sont chargées également de la protection des ports.

Dans ce contexte, et dans une région ou le trafic maritime est particulièrement  intense, l’Allemagne va mener une guerre des mines à outrance. Reliés à Bruges par des canaux, les ports de Zeebrugge et d’Ostende sont utilisés comme point de départ des raids des torpilleurs et U-Boote. Devant la supériorité des forces navales alliées qui l’empêchait de mouiller des mines la Kaizerliche Marine ne tarda pas à mettre au point des sous-marins spécialement équipés en mouilleurs de mines.

Marinekorps Flandern