Débarquement de Normandie    
 
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Centre de Documentation Marine

L’appellation « Overlord » désigne le débarquement de Normandie dans son ensemble. Le nom de code « Neptune » étant sa facette navale.

Le 10 avril 1944, l’état-major de l’amiral Ramsay distribue un énorme volume de 700 pages reprenant l’ensemble du plan naval. L’objectif est défini comme suit : « Sécuriser et ouvrir sur le continent une tête de pont d’où les futures offensives peuvent être développées en vue de la défaite total de l’Allemagne ». Il aborde ensuite, jusque dans le moindre détail, les diverses missions d’escorte, de dragage, de soutien d’artillerie, etc…, que comporte cette vaste entreprise.

5015 navires sont mobilisés. Les navires de guerre, à l’exclusion de tous les navires de transport et autres péniches, sont en majorité fournis par la Royal Navy et par la marine canadienne (79 %), les Américains représentant 16,5 % et les autres nations alliées 4,5 %. Ceci, bien entendu, au détriment des autres théâtres d’opérations (Pacifique, Méditerranée et Atlantique).

1633 navires de guerre sont également prévus pour l’appui feu, à courte et longue distance, allant des cuirassés et monitors jusqu’aux sous-marins nains. La partie ‘escorte’, quant à elle, représente 263 destroyers, sloops, frégates et corvettes.

Venant des ports du sud de l’Angleterre, principalement de Portsmouth et de Southampton, pour les Britanniques, et de Dartmouth, Salcombe et Brixham, pour les Américains, les navires ont rendez-vous au début de la nuit, par une mer démontée, en plein milieu de la Manche, au sud de Portsmouth, dans une zone circulaire dénommée « Z », rebaptisée « Piccadilly Circus » par les marins, en raison du nombre proprement incroyable de navires qui s’y sont rassemblés.

L’emplacement de la zone « Z » est choisi pour laisser l’adversaire le plus longtemps possible dans le doute quant au lieu précis du débarquement : Normandie ou Pas-de-Calais.

C’est également à cet endroit que chaque navire prend place dans sa flottille respective pour ensuite se diriger, par des chenaux dragués et balisés de bouées, vers les plages qui lui sont attribuées. Au large de la côte française, cinq routes se scindent en dix chenaux, deux par plage.  

Deux grandes forces amphibies doivent exécuter l’assaut proprement dit : la Task-Force de l’Est sous les ordres du contre-amiral anglais Philip Vian et la Task-Force de l’Ouest sous les ordres du contre-amiral américain Alan Kirk.

La première, composée principalement d’unités britanniques, doit débarquer les trois divisions de la 2ème armée britannique dans les secteurs : « Sword », « Gold », pour les Britanniques, et « Juno », pour les Canadiens, sur un front de cinquante-cinq kilomètres, entre Arromanches et l’embouchure de l’Orne, à Ouistreham. La seconde, américaine, a pour tâche de mettre à terre la 1ère armée américaine sur deux plages appelées : « Omaha » et « Utah », soit sur un front de trente kilomètres, de part et d’autres de l’estuaire de Carentan.

Au fur et à mesure que la journée du 6 juin s’écoule, les divers états-majors, dont on imagine l’anxiété, comprennent peu à peu que le succès de l’opération dépasse toutes les espérances. Certes, même si les embarcations ont subi des pertes, le reste de la flotte demeure pratiquement indemne. A la fin de la journée, plus de 132.000 hommes et plusieurs milliers de véhicules ont débarqué. Malheureusement, les Américains déplorent la perte de plus de 3000 G.I.’s sur « Omaha Beach » surnommée depuis « Omaha la sanglante ».

Avec le recul de l’Histoire, et sur base des archives, il nous apparaît évident aujourd’hui que le succès du débarquement est dû principalement à l’excellence du plan, à l’entraînement ainsi qu’aux soutiens aériens et navals.

D’ailleurs, et comme l’écrit le Captain S.W. Roskill dans son livre La Flotte Britannique en Guerre 1939 – 1945, publié en 1961 : « ‘Neptune’ demeurera sans doute dans l’Histoire plus comme un exploit d’organisation que comme une victoire remportée en combattant, car la faiblesse de l’ennemi, sur mer et dans le ciel, et la vaste supériorité des Alliés dans les deux éléments épargnèrent aux marines de ceux-ci d’avoir à livrer une grande bataille pour acquérir une maîtrise presque absolue de la Manche ».

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