D-Day : Les marins belges    
 
Accueil
 
Présentation
 
Histoire de la Marine
 
Salle Marine
 
Salle Antarctica
 
Centre de Documentation Marine

Mais la contribution de la Belgique ne s’arrête pas à la présence de nos navires ! De nombreux officiers belges sont à bord de plusieurs bâtiments de la Marine Royale Britannique :

Le Lieutenant-Commander RNR Georges Timmermans – qui sera le premier Commodore de la Force Navale -, commande la 202ème flottille de péniches de débarquement. Le 6 juin 1944, il est de la première vague d’assaut dans le secteur de « Juno Beach », à St-Aubin-sur-Mer, à l’embouchure de l’Orne. Sa flottille de L.C.I. (S) doit débarquer les hommes du 48ème Commando des « Royal Marines », du Lieutenant-Colonel Moulton, dont la mission est de nettoyer la côte en allant vers l’est, par Langrune, jusqu’à sa jonction avec le 41ème Commando.

Au cours de la première vague d’assaut, sa flottille perd 6 navires sur 8. A la fin de la journée, son journal de bord mentionne le débarquement de 1200 hommes en cinq va-et-vient, l’évacuation de 300 blessés et le sauvetage d’une centaine de naufragés dont un pilote de la Royal Air Force.

Mais relevons, à nouveau une anecdote, une « petite histoire » dans la « Grande Histoire », que Timmermans relate dans la revue maritime ‘Neptunus’, je cite :

« Au cinquième échouage, la nuit étant tombée, je restai sur la plage pour permettre la réparation de mes propres avaries.

Je profitai de ces quelques heures de répit, pour aller voir, avec mon second britannique, ce qui se passait derrière les dunes. Poussant plus loin, je pénétrai dans Courseulles et je fis la connaissance de l’épicier du village fort surpris de s’entendre interpeller en français. Pour quelques francs, j’acquis une bouteille de Bourgogne et un superbe camembert, à la grande surprise de mon second :

Voulez-vous dire, Sir, que cela se mange ?

Et comment, mon garçon : Vous autres, Anglais, vous ne savez pas ce qui est bon. »

Le 14 juin 1944, le Lieutenant-Commander Timmermans se voit confier la mission d’aller à la rencontre de la frégate française « La Combattante » en vue de débarquer le général de Gaulle sur le sol français à Graye-sur-Mer, non loin de Bayeux, afin qu’il puisse prononcer son premier discours sur le sol français libéré.

Pour son action durant le débarquement en Normandie, le Commodore Georges Timmermans sera décoré de la Distinguished Service Cross (U.K.), de la Legion of Merit (U.S.A.) et de la Légion d’Honneur (France).

Les Lieutenant RNR Van Dyck, Poskin et Vervynck sont officiers navigateurs à bord d’un dragueur de mines chargé  du nettoyage des chenaux d’accès.

Van Dyck est à bord du « HMS Lyme Regis », de la classe ‘Bangor’, qui est aussi le chef de la 15ème flottille de dragueurs de mines. Cette flottille composée de huit dragueurs de mines quitte Douvres le 5 juin pour « Sword Beach ».

Marcel Vervynck est à bord de l’algérine « HMS Larne ». Elle fait partie de la 6ème flottille de dragueurs de mines. Cette flottille quitte son ancrage du ‘Solent’ le 5 juin en direction de « Gold Beach ».

Edouard Poskin, quant à lui, se trouve sur le « HMS Chamois », un dragueur de mines de la classe « Catherine », et dont la mission est le balisage des eaux draguées du chenal n°10, c’est-à-dire celui le plus proche du Havre. Le chenal n° 10 se termine par une boucle, en face de Ouistreham, et les navires de bombardement doivent s’y déployés.

Durant la journée du 6 juin, et les journées suivantes, le « HMS Chamois », au sein de la 40ème flottille de dragueurs de mines, continue à élargir les zones draguées et les écoutes anti sous-marines. C’est d’ailleurs au cours d’une opération de dragage, que le 21 juillet 1944, son navire est gravement endommagé par une mine acoustique. Heureusement, il n’y a pas de victimes. Mais, il est rendu inutilisable pour les opérations qui suivent le débarquement dans la baie de Seine.

Le Sub-Lieutenant RNR Daniel Geluyckens est officier canonnier à bord du destroyer « HMS Jervis ». Celui-ci est l’un des 13 destroyers qui va former la force de bombardement du secteur « Gold » dans la « (Eastern) ou British Task Force ».

Sa première mission consiste à escorter le convoi d’assaut « G9 » jusqu’à sa destination (Arromanches). Le 5 juin, à 19h00  il lève l’ancre et quitte le mouillage du  Solent. Le 6 juin à 05h45, en vue de la côte française, le navire-amiral « HMS Bulolo » et son convoi se mettent à l’ancre.

Précédé par un dragueur de mines, le « HMS Jervis » gagne sa position de bombardement au large de la plage « Jig Green » à l’ouest du village fortifié du Hamel.

De 06h25 à 08h15, il tire successivement sur les deux objectifs qui lui sont attribués. Ensuite, il intervient spontanément sur des positions ennemies qui menacent directement les troupes sur les plages. Enfin, il  fournit de l’appui feu sur demande par la voie des « Forward Bombardment Observers » qui accompagnent les troupes d’assaut. En fin de journée, il aura tiré 1.125 coups de 120 mm soit 75 % de sa dotation. Il poursuivra sa mission dans la zone de débarquement britannique jusqu’au 18 juillet 1944

A l’occasion du 60ème anniversaire du débarquement, l’amiral de flottille Daniel Geluyckens a été décoré de la « Légion d’Honneur » par le Président de la République française, Monsieur Jacques Chirac.

Le Lieutenant RNVR Hendrik Frans Van Riel, comme officier de renseignements, est affecté à bord du navire-amiral « HMS Largs » (contre-amiral Talbot) d’où est dirigé le débarquement sur la plage de « Sword ».

Le Lieutenant RNR Georges Depoorter est à bord du ‘Landing Ship Infantry (M)’ « HMS Queen Emma ». Le navire faisait partie de la « Western Naval Task Force ». Dans les semaines qui suivirent le ‘jour J’, le « HMS Queen Emma » fera plusieurs rotations entre l'Angleterre et la côte française, transportant notamment des hommes de la « 9th US Air Force » et un certain nombre d’éléments de la Division de la Garde britannique. Mais aussi, des unités d’auxiliaires féminines « ATS » et « WRNS », malgré le danger des batteries côtières, des vedettes rapides et sous-marins de poche allemands.

Le Lieutenant RNR E. Herreman est affecté à l’ « Admiralty Berthing Officer », à Invergordon, pour la force « S ». A partir du jour « J », il sera pilote au port artificiel d’Arromanches jusqu’à ce qu’il reprenne le commandement du « HMS Kernot », le 6 octobre 1944.

Le Sub-Lieutenant RNR Jean-François van Puyvelde est affecté aux « Combined Operations Routing Office », de Southend. Il embarque, le 6 juin au soir, à bord du transport canadien « Fort St. Croix » et jusqu’au 12 juin sert comme officier de liaison auprès de l’officier en charge de la plage de « Juno Beach ».

Le Sub-Lieutenant RNVR Janssen se trouve à bord de la vedette-rapide « ML 591 », dans le secteur américain « Utah Beach ».

Enfin, et même s’il ne faisait pas partie des forces maritimes, à l’époque, il faut citer le Lieutenant-Colonel Hugo Van Kuyck, qui engagé dans l’armée américaine dès 1942, est affecté au « Engineer Amphibian Command ».

Lors de son arrivée en Angleterre, en 1943, le général Bradley le charge de dresser la cartographie complète des plages du débarquement. Car, l’endroit du débarquement décidé, l’état-major allié s’aperçoit qu’entre les cartes terrestres et les cartes marines il n’existe aucune précision sur les plis creusés par les marées, les tempêtes, ni sur les courbes de niveaux en profondeur.

Pour mener à bien sa mission, et sur base de photos aériennes des plages du Cotentin prises à différents moments de la marée, il établit un relevé minutieux de la côte normande dont l’utilisation sera fondamentale au succès de l’opération « Overlord – Neptune ».

© 2016 marine-mra-klm.be